Vallée de la Romanche (2012): Peut-être l’une des plus sombres, pauvres et dangereuses vallée alpine. On ne peut l’éviter lorsqu’on se rend dans les stations de l’Oisans. On souhaite traverser les villages de Gavet, Les Clavaux, Rioupéroux, Livet, le plus rapidement possible, mais les embouteillages récurrents de la nationale forcent le regard sur leurs maisons grises, défraichies, et les usines électriques d’un autre âge. Pourtant au dessus, au fond, que la montagne est blanche. Une maison de Livet intrigue. Délabrée à l’instar des bâtisses de la vallée, mais très haut perchée et élancée d’un côté, plus trapue mais encore coquette de l’autre. Quelle histoire derrière ces murs? Alors que le soleil brillait à Oz et que la neige abondait, nous sommes redescendus dans la vallée pour essayer de sonder son mystère, et un passé que l’on devine prospère, malgré le sentiment d’oppression qui l’anime les lieux aujourd’hui. Ces photos témoignent de nos interrogations mais n’apportent pas de réponse. Des gens vivent encore là, sous la menace des rochers qui risquent chaque jour de débouler. Qui? Pour combien de temps encore?
Lewarde (2014): Le centre historique minier de Lewarde (Hauts de France) propose une visite guidée dans les «profondeurs» des anciennes veines de charbon, fermées à l’exploitation depuis 1971. Plutôt qu’aux galeries «souterraines» retraçant les 3 siècles d’histoire du bassin houiller, mon appareil s’est intéressé à quelques détails des inhumaines machines exposées en surface, en particulier les compresseurs qui fournissaient en air comprimé lampes et tapis roulants.
Scierie Vincent, 2018: Les Vosges regorgent de scieries, mais celle de Sainte-Croix-aux mines est spéciale. Parce-qu'elle est la troisième installée sur le site et a connu le passage de la vapeur à l'électricité. Parce-qu'elle est devenue un musée mais fonctionne encore à l'occasion, celle de la tempête de 1999 par exemple. Parce-que les guides sont passionnés et passionants: M. Vincent le propriétaire et son épouse, intarissables.
Fort de Mutzig, 2018 ou Feste Kaiser Wilhelm II, parce-qu'il a été construit par les Allemands, avant la Grande Guerre, pour se protéger d'une attaque des Français depuis les Vosges. Elle n'a jamais eu lieu. L'armée a rebroussé chemin alors qu'elle était à une quinzaine de kilomètres, bientôt à portée des canons du fort. Mal situé au delà de la ligne Maginot, il n'a eu aucune utilité non plus lors de la seconde guerre lorsqu'il a été récupéré par la France. Il était équipé pour résister à un siège de 3 mois. Il a surtout servi de terrain d'expérimentation pour l'armée du Kaiser. Toujours terrain militaire, une association franco-allemande le rénove et partage ce patrimoine avec le public le dimanche après-midi. Visite passionante, émouvante, à recommander à tous pour se souvenir, découvrir, comprendre.
Cité du train de Mulhouse, 2020Le plus grand musée ferroviaire d'Europe. Locomotives et wagons alignés à travers les âges dans deux hangars et une gare extérieure. Souvenirs d'une époque d'avant TGV.