Huitième année pour ma série "un jour en". Un jour en 2013 propose chaque mois un clin d’oeil à un pays, ses clichés compris.
Janvier stigmatise la Suisse. L’année démarre par les montagnes, de Belledone à l’Oisans. La blanche neige sera le fil rouge de ce mois helvétique, marqué par 15 cm de poudreuse, entre bois de Meudon et forêt de fausses reposes. J’ai cherché le rouge et le blanc au croisement des Arcades, dans le quartier du Haras, sur les meulières du parc Fourchon pour le trouver sur le dos de Carole. Peu inspiré, je l’ai finalement caricaturé avec un pot et un saladier renversé.
Février
clichette la Grande-Bretagne, et à travers elle l’Angleterre et ses pelouses vertes (mises à mal par l’enneigement exceptionnel de cet hiver), ses averses de pluie (ou de flocons), son héritage industriel (de briques), ses produits emblématiques (Pims), sans oublier bien sûr le Channel. Nous avons passé un week-end du côté Frenchy (Boulogne). Quelques jours plus tard, je le traversais pour une réunion express à Hatfield et un dimanche enfiévré à Londres, avec Claudia et Ilidio. C’était début mars, mais tant pis.
Mars
- la planète rouge - symbolise la Russie, Matriochkas et costumes écarlates. Ce sont aussi les forêts sibériennes - d’Oz -, les fleuves et voies ferrées sans fins, et les photos de Sergei Vasiliev exposées à la galerie Saatchi. Merci à mes modèles, dont Valentine kto gavarit pa russki.
Avril
découvre les Pays-Bas. Au pas des vélos. Au fil des étangs et canaux. Sous la pluie persistante, que l’orange parvient à peine à dégriser. Celui du carnaval de la Caape ou de la fête des cent d’Anatole France. De Chaville à Leiden (en mai), un mois dont le printemps n’a pas voulu.
Mai
m’a fait voler au Canada, survoler la baie de Baffin, encore (mais pour combien de temps encore?) prise dans les glaces, les Rocheuses et atterrir, à 3 passagers et 2 pilotes, sur l’île de Vancouver. Bois flottants, kayaks, chalets au bord d’un lac, manquait juste l’accent québécois pour parfaire les clichés. De retour en France, quelques troncs d’arbres avachis dans les étangs des bois de Meudon, ou des feuilles trompées par la saison et échouées sur le goudron, rappelaient vaguement mon séjour canadien. Les champs de Colza du Perche, quant à eux, sont sensés évoquer les grandes étendues du Saskatchewan.
Juin a pris les couleurs mais pas encore la chaleur de l’Italie. Les cyprès de notre cour se sont pris pour des pins parasol. Les oliviers et cyprès de Toscane sont toujours aussi prisés par touristes et congressistes.
Les amoureux épris se lovent au soleil qui se couche sur l’Arno. Juin a pris ma grand-mère et la grand-mamie des filles. Et pris par le temps, j’ai manqué leurs spectacles de fin d‘ année. Juin est privé de leur talent.
Juillet
ne pouvait être que tricolore. Allons, Mathilde, l’école est finie. Enfants du Muguet, bientôt d’Anatole France. Patrie arc en ciel, insolite. Jour de navigation sur la Seine. Gloire au bal musette, sur l’esplanade de la mairie. Arrivés, vite repartis. Contre la foule des musées, parcs et fontaines - tyrannie des maillots -, étendues naturelles sur les plages du Nord. Levés tôt un dimanche estival. Entendez les rythmes de la Dame de Canton, quai Mauriac! Campagne dans notre courette paysagée. France des vacances, enfin!
Août
évoque la chaleur et soleil de la Grèce- au rendez-vous cette année à Panissières comme à Oz -, baignade et mer - gorges de la Cèze, lacs de l’Oisans -, souvalki et féta - édition 2013 du méchoui à Hara Cara -, paysages arides et abrupts - les montagnes ardéchoises et alpines -, le blanc et le bleu - spectacle de fin de vacances au Belvédère.
Septembre
a prolongé l'été, malgré la rentrée. La chaleur persistante nous a permis de profiter tard de la cour et de nous baigner (dans le sud tout de même). Le MuCEM ouvert depuis quelques mois rend hommage à la Méditerranée, et moi, après la Grèce, à l’un de ses pays emblématiques: l’Espagne.
Octobre
représente les Etats-Unis grâce à son dernier jour, Halloween, et cette citrouille qui s’est invitée dans notre cour. Les autres jours, Paris a fait son New-York (depuis les toits de l’observatoire ou les galeries du nouveau centre Beaugrenelle), Lyon Part-Dieu, son Chicago, le parvis du Carrefour Market de Velizy, son Disneyland. L’Amérique est venu à nous avec les photos de Mark Cohen exposées au Bal, ou de Friedlander dans ma bibliothèque.
Novembre, au
Chili a déjà les températures de janvier, mais les feuilles ont encore la jeunesse du printemps. La neige des Andes a fondu; les vendanges de Undurraga sont un lointain souvenir. A Santiago, de nouvelles tours ont poussé, mais on s’y nourrit toujours de pollo et churrasco tandis que rien ne change à Las Condes. A Paris-Photo, les photos du chilien Sergio Larrain témoignent de l’avant-coup, et l’arboretum de Chèvreloup (me) rappelle le parc de Conguillo. 20 ans déjà.
Décembre
illustre Viet Nam et Cambodge même si je ne m'y suis jamais rendu. Les photos ont été prises par mes parents. A leur retour de voyage, je les ai récupérées, traitées, interprétées et ce faisant me les suis peu à peu appropriées, au point de les inclure dans cette série (merci et pardon, papa!).