Septième année pour ma série "un jour en". 2012 propose chaque mois une histoire, à partir de quelques photos post-sélectionnées.
Janvier décrit une journée à la mer. Il y ait question de marée, tigresse, salicorne et danse du ventre. L’histoire nous promène de la baie de Somme à la bibliothèque de Viroflay. Les protagonistes sont Ludivine, Mathilde et Carole. Et, comme toujours, le preneur d’images et metteur en texte se cache derrière l’appareil et internet.
Février
est narré par Mathilde. Une histoire qui monte et qui descend (plus vite), avec des baguettes de princesse, une étoile et des lunes, une maison qui fait peur, et un piou-piou rassurant. Une histoire en 29 images bissextiles, qui débute à -10 degrés le matin et se termine à 15 degrés sur les pistes.
Mars
dit l’histoire du cycle de la vie, d’oeuf à oeuf, d’Oz à Saint Raphael. Mars est une fable écologique; mars réhabilite le mythe du bon sauvage et nue et remonte aux origines. Eternel recyclage.
Avril
s’intéresse à un clandestin, débarqué sur la côte adriatique, avec l’espoir et l’aveuglement de sa jeunesse. Il souhaite s’intégrer, ressembler aux portraits exposés. Mais alors que les drapeaux se brandissent et que la campagne clive, ll n’échappera pas à son destin.
Mai
raconte l’histoire d’Alysse qui s’endort dans le pré de la forêt de Fausse Repose, se perd dans son rêve dans le hall de Beaubourg, demande son chemin à des demoiselles de cher, puis de bronze. Transportée de l’Ecu de France, au parc de la Mare Adam, elle rapetit puis grandit jusqu’à atteindre une rose qui lui indique la mauvaise direction. Prisonnière de notre cour qu’elle repeint, elle tombe malade (douleurs de ventre aigües, dues à une infection virale). Maman la retrouve et la cajole à la fête annuelle de la CAAPE. Elle se réveille sur le vélo de papa, près de l’étang des écrevisses.
Juin crée des histoires de vies à partir de personnages sélectionnées dans des foules anonymes, distantes (à Nice), fondues (lors du spectacle Danse et Forme) ou floues (lors de l’anniversaire de Mathilde). Juste des clichés sur les interrogations existentielles, l’autre, la célébrité, les rencontres, le temps qui passe.
Juillet
relate les aventures croisées de Cendrilul et Cendrimat, deux princesses qui essaient des paires de chaussures ordonnées dans la cour. L’une parvient au parc éphémère de l’Ile Seguin, y rencontre une Carole vaporeuse, qui lui fait découvrir les oeuvres de sa fenêtre de l’artiste coréen Ahae. L’autre croise la route du Tour de France, puis rejoint sa soeur dans les jardins des Tuileries. La chute de minuit se déroule dans notre salon, tandis que les chaussures finissent enfin à la poubelle.
Août
anticipe. Nous sommes en 4012 sur une plage des Landes, un jour de brume. Le soleil de Pékin est fantastique, rougeâtre même en pleine journée. On le prendrait pour un vaisseau spatial, comme le nid d’oiseau ou le cube d’eau du parc olympique. Les oeuvres de Art zone 798, ou le mouton cuit de l’édition 2012 du méchoui paraissent des aliens. Les pauses longues sur une rivière du cirque de Lescun contribuent à l’étrangeté des lieux; les clichés à haute vitesse dans les grottes de Kakuetta transforment gouttelettes en étoiles, et une chute d’eau en Galaxie, où s’achève notre histoire.
Septembre
expose l’histoire (vraie) de deux bébés phoques, qui après plusieurs mois dans un centre de sauvegarde, ont été remis à la mer au phare du Hourdel, en baie de Somme. Ils évoquent leur crainte d’être pris dans les filets des tables renversées de Chamarande et leur désir de bain de soleil dans la sablière de Cernay ou à la maréchalerie de Versailles. Ils y dansent et crient leur angoisse face à l’inexorable ensablement de la baie, et son envahissement par la végétation et les lianes exposées de Marie-Noêlle Fontan, pour se dire que finalement il reste du temps.
Octobre
propose une histoire noire, celle d’un crime. La scène se déroule dans les rues et passages déserts de Nantes et Issy, une nuit blanche. De la victime, on ne connait qu’une chaussure et une robe, empruntée à la Cité de la mode et du design. Les indices sont les seringues de la dernière goutte, et des mots performés sur une vitre, au Blanc de Meudon. Quant au coupable, il s’agit de l’.... qui régulièrement bloquait notre passage.
Novembre
ose un rêve, pour les grands enfants qui ont perdu leur innocence. Les érudits pourraient la qualifier de pornirique. Elle emprunte beaucoup aux artistes exposés à Paris Photo, tels Weston, Ruff, Araki, Clergue, Moon, Schoeller dont je salue ici le génie et l’audace, et dans une moindre mesure au CNRS. Merci aussi et pardon aux innocentes personnes qui, malgré elles, se retrouvent acteurs et actrices d’une histoire qu’ils ne peuvent comprendre ou dont le contenu pourrait les troubler.
Décembre
s’adresse aux plus petits (et plus grands) qui fréquentent les chapiteaux de cirques des comités d’entreprise. Dans une ambiance genevoise, orangeoise et vincennoise, on assiste entre autres aux acrobaties africaines du Cirque Pinder (Cirkafrika), au ballet aquatique de Ludivine en compétition de natation, à un bal familial sur la piste rougeâtre et vélizienne de l’Onde, à un pestacle lumineux dans un gite du Vercors, à des digressions ludiques et hi-tech à Oz, avant le salut et feu d’artifice final depuis les pistes de l’Oisans.