Cinquième année pour ma série "un jour en". 2010 joue avec les contrastes et propose un diptyque quotidien.
Janvier alterne photos tendance floue, et photos piquées. Seules celles de gauche sont du jour. Lyon, Chaville, Amsterdam, Strasbourg, Paris palais de la découverte. Au gré des missions et anniversaires du mois.
Février
joue avec les cadrages. Aveugle pour le premier volet: je ferme les yeux, déplace mon bras armé d’un GX 200, compte jusqu’à 15, et shoote; je cherche ensuite dans les environs un plan à construire, devant, derrière, au gré d’une inspiration qui manque parfois. Le résultat? Des clichés penchés sans d’autre intérêt que ce jeu et des photos redressées qui illustrent le quotidien d’un mois enneigé: chemin de l’école, du centre aéré, de la bibliothèque et d’Oz pour le début de nos vacances chassées-croisées.
Mars
a donné carte blanche à Ludivine, pour une moitié de l’espace quotidien. Papa a rempli l’autre.
Avril
illustrait le dilemme travail-maison; travail à la maison. Imagerie profonde de galaxies de type précoce: en fond, cartes de brillance de surface atteignant la 29 magnitude par seconde d’arc carré; superposés, image en vraie couleur et distribution, en bleu, des nuages de gaz d’hydrogène atomique. Merci aux projets NGVS, Atlas-3D et au CFHT. A droite, le quotidien du 15Ter. Repas, coucher, repasser, jouer, laver...
Mai
s'intéressait aux changements de point de vue: un cadrage qui diffère légèrement, le passage ou non au noir et blanc. Comment choisir?
Le Groenland vu d’avion, plages et montagnes à Vancouver (Colombie Britannique), la gare londonienne de St Pancras International, notre étage rénové, et bien sûr Lulu et Mathilde accompagnent ces interrogations.
Juin misait sur le hasard pour le premier volet. Photo récupérée chaque jour sur flick.com, la dernière déposée sur le site venue de quelque-part sur la planète par un photographe dont j’ai perdu l’identité. Oeuvre partagée d’un amateur éclairé ou cliché éphémère témoin de quelque événement familial, cette photo téléchargée prenait instantanément sens pour moi: elle allait être non seulement ma photo du jour, mais la référence pour la seconde image du diptyque, à piocher dans ma photothèque. L’une devait faire écho à l’autre et celle-là devenait obsédante: une correspondance, un jeu de couleur, un sujet à exhumer. Un jour en juin ne dira rien sur ce qu’a été juin: un week-end à Hara-Cora, une conférence en famille à Lyon, la SF2A à Marseille, visite de Alizée... Il y a flick. com pour cela...
Juillet
mettait en avant les oppositions de lumière, basse et haute, low key - high key, sous - sur exposée. Jeu d’ombre et lumière à Chaville, Vienne, clôt à Victoria (Canada), dans les jardins enchantés et illuminés de Butchard Gardens.
Août
mêlait le thème du transport et des voyages, et du repos et loisirs quotidiens. Clin d’oeil quelque-peu appuyé à ce mélange d’agitation et de torpeur propre à la période estivale. Les vacances furent (pour moi) courtes mais intenses (sans mail), flanquées de missions dépaysantes en Colombie-Britannique, puis, accompagnée, à Oxford. Pas de quoi me plaindre...
Septembre
a ignoré les contrastes, rapprochant des photos peu dissemblables. Mathilde a fièrement fait sa rentrée, accompagnée de sa soeur. Toute la famille s’est inscrite à un marathon... photo. Plein d’illusions mais en tendresse, nous avons en accéléré photographié les grands espaces et petits recoins de Vélizy. Ceux de Lisbonne étaient plus impressionnants mais hors concours. Hors sujet aussi les couverts pour l’exercice mensuel du club photo.
Octobre
s’est confronté aux ouvertures, fermetures... des gares, aéroports, stations service, et pour nous des magasins, portes, bouches, fleurs et boutons. Roses pour nos dix ans de mariage, encore closes; et pétales entrouvertes de cette plante dont nous avons depuis longtemps oublié le nom qui chaque année depuis qu’on nous l’a offerte - il y a une décennie donc - fidèlement fleurie lorsque les jours raccourcissent. Langueur automnale rompue par de courts séjours à Grenoble, grise, et Porquerolles, toujours odorante. Et puis, il y a eu l’éclosion des points rouges. L’une après l’autre. Et octobre s’est estompée.
Novembre
zoomait, dezoomait, à l’instar des publicités pour objectif photographique. Zoom sur les couleurs automnales devenues trop tôt hivernales. Blow up depuis la tour Taipei 101, qui fut il y a peu encore la plus haute du monde. Point sur le mois de la photo. Focus sur deux traits qui deviendront dans un mois deux anges.
Décembre
flirtait avec le froid et le chaud. Car décembre a été l’un des mois les plus froids de ces vingt dernières années, en cette année 2010 , la plus chaude sur Terre des décennies passées. Plusieurs vagues de neige ont paralysé la région parisienne, et les enfants et moi à Saclay, et Carole à Sèvres. Notre nationale 118 a eu de longs quarts d’heure de célébrité. Entre deux tempêtes blanches, mon avion a décollé pour le Burkina, 35 degrés, immuable ciel bleu. A l'aéroport de Ouaga, c’était le chaos; à Roissy aussi. Pas pour les mêmes raisons. Ouagadougou, papa il a caressé un crocodile, parlé un peu aussi de la croissance en masse des elliptiques. Puis à Chamrousse, il manquait un peu de neige pour skier. On aurait du en emmener de Chaville. La «pagaille», elle se retrouve aussi dans les dates des photos quotidiennes.